samedi 7 novembre – 14h00 – espace vagabond
animation Sarah Petiteau – public adulte
Rêvant de voyage et d’ailleurs, Zoé Rivière s’envole pour le Maroc pour travailler en volontariat auprès d’une ONG locale travaillant à l’émancipation des femmes à travers des formations. En arrivant à Talaouine, village de l’Anti-Atlas, celle qui doit photographier et documenter le travail de l’ONG se heurte à un certain hermétisme. Il lui faut de la patience avant de trouver sa place dans un quotidien structuré par le poids de la religion, des obligations et du regard des autres. Mais petit à petit, elle récolte la parole des femmes qui ouvrent la porte de leur intimité, dévoilant leur histoire et leur engagement. Un récit qui brise les préjugés et rapproche les êtres.

Diplômée de Sciences Po Lyon, Zoé Rivière aurait pu être chercheuse à Taïwan, mais a préféré devenir photographe au Maroc. À son retour en France, après une année d’études en anthropologie visuelle, elle se passionne pour la question des relations humain-animal et se consacre à la réalisation de films documentaires sur le sujet. Journaliste vidéo pour la presse en ligne depuis 2020, elle renforce en parallèle sa pratique du dessin, et raconte ses dilemmes intérieurs dans des zines autoéditées. Pavé de bonnes intentions est sa première bande dessinée.

Pavé de bonnes intentions, éditions Cambourakis
Alors que Zoé termine ses études, elle n’a qu’une idée en tête : voyager, partir loin, peu importe où. Elle tombe sur une annonce de volontariat et s’envole au Maroc, dans un village de l’Anti-Atlas nommé Talaouine, où elle intègre une ONG locale proposant différentes formations aux habitant·es des villages de la région. Leur but : promouvoir l’émancipation des femmes, notamment par le travail de la terre et la création de projets éco-participatifs. Zoé, elle, sera photographe et documentera leur travail. Mais rapidement, un décalage se fait sentir, car elle se heurte à un monde plus hermétique que prévu. Ici, comme partout, de nombreux non-dits structurent le quotidien : le rôle de la religion, le poids des obligations et du passé colonial et, surtout, l’omniprésence du regard des autres. Comment traverser ce brouillard ? Peu à peu, en accompagnant ses collègues marocain·es sur le terrain, elle parvient à trouver sa place et à comprendre ce qu’elle est venue chercher : la parole de celles qui n’ont jamais voix au chapitre, le récit aussi intime que politique de leurs histoires.
Avec sincérité, Zoé Rivière porte un regard tendre sur le Maroc et
sur son parcours, racontant autant un pays que sa propre trajectoire, ses rencontres avec des êtres humains et non humains, tour à tour soutiens, protégés, amis, mentors. Conjuguant son expérience aux écrits de plusieurs militantes féministes marocaines – comme Zakya Daoud, Fatéma Mernissi ou encore Asma Lamrabet – elle parviendra à articuler ses engagements avec ceux des femmes qu’elle rencontre, affirmant par là même un féminisme pluriel.
“Peut-être que j’étais naïve. Je savais que la situation des femmes n’était pas idéale au Maroc(l’est-elle seulement quelque part?), mais je n’imaginais pas être ébranlée à ce point. Jamais je n’aurais imaginé que ce genre d’histoire puisse s’écrire ici, si près de moi. Je réservais ça à des pays lointains, inaccessibles. Et me dire “oui mais je ne peux pas comparer, ce n’est pas ma culture” n’avait rien de consolant. Je me sentais proche de ces femmes. Je me sentais solidaire. La culture n’avait rien à faire là-dedans.”
