Voyager en impertinence

samedi 7 novembre – 17h30 – Espace Vagabond

animation Alexandra Jore – public adulte

Serge et Louis sont journalistes. Ils voyagent et cherchent des sujets de piges à vendre à la presse française. Au cours de leurs investigations, il y a beaucoup de moments de rien, de rencontres anodines dans un café ou sur un banc de gare routière. De ces moments “de rien” qui sont finalement tout, ils tissent des récits fascinants, des portraits saisissants du monde d’aujourd’hui. Ils ouvrent nos oreilles à l’altérité avec une bonhomie joyeuse et une langue bien pendue. De ces morceaux invendables à la presse, ils fabriquent une aventure littéraire.

Louis Borel et Serge Hastom sont reporters indépendants. Ensemble, ils créent la revue Invendable. Un titre improbable mais qui recouvre le mieux leur ambition : parler “joyeusement des sujets graves, soigneusement des choses futiles.” En cinq numéros, ils ont embarqué leur lectorat à Berlin, en Russie, aux États-Unis, en France puis, en ouvrant leur revue à d’autres plumes, à Marseille.

Revue Invendable

Sur une centaine de pages, Invendable propose de grands reportages sous une forme débridée, du journalisme en caméra embarquée, de longs récits de voyage impertinents mais documentés, à la fois sérieux et olé olé.
Tous les quatre mois, plongez dans une nouvelle région du monde avec ceux qui l’arpentent.
Anecdotes perdues, rebondissements improbables, questionnements sur la profession et les sujets… Invendable, c’est ce que les autres publications laissent de côté mais qui fait le sel du métier.

Pisser dans les cours d’eau, Serge Hastom, éditions du Faubourg

En auto-stop d’un bout à l’autre de la Russie en guerre, de la frontière mexicaine aux réserves sioux du Dakota pendant la campagne présidentielle américaine, aux six coins de la France écartelée comme une peau de vache l’été de la dissolution, Serge traîne, seul ou en meute, glanant des morceaux de vie au hasard de la route. Les récits qu’il rapporte nous donnent à voir des bouts du monde. Le monde tel qu’il est, non tel qu’il devrait être.

Et Dieu dans tout ça, Serge Hastom, éditions Stock

« « Regardez autour, comme c’est magnifique. » David est touchant, les mains sur les hanches, à contempler l’horizon des terres accaparées. Dans ses yeux bleus, il y a l’étincelle du il-n’y-avait-rien-avant et, quand on lui parle des Palestiniens, un éclair triste, puis coquin. « Eux et nous, c’est comme Tom et Jerry. » Il a cette expression étonnante avant de rire, un poil gêné quand même. David fait des petits gestes de personnages de dessins animés qui cavalent. « On se bagarre tout le temps, on se court après… » »
En mai-juin 2025, Serge Hastom a effectué un périple en autostop à travers Israël et la Cisjordanie. Un voyage à l’arrache, fidèle à sa pratique du reportage, « se parachuter volontairement loin de chez soi pour se mêler de ce qui nous regarde encore, au seul risque de sortir de son confort et de s’exposer ». Et Dieu dans tout ça est le récit dense et foisonnant de ces deux mois d’errance à travers la complexité des territoires. 

 

“Nous vous racontons nos reportages avortés sous forme de récits de voyage. À proprement parler, ce n’est ni du journalisme ni de la littérature. C’est entre les deux.”

“Accepter le monde tel qu’il se présente à nous et non tel qu’on voudrait qu’il soit, puisque ce n’est ni le meilleur ni le pire, mais le seul.”