TRADUIRE LE NATURE WRITING : LE CAS EDWARD ABBEY

Samedi 6 novembre à 11h30 – au Café Littéraire

Le Nature Writing, ou littérature des grands espaces, est un genre qui s’est développé aux Etats-Unis. Il mêle observation de la nature et considération autobiographique, et on donne la paternité du genre à Henri David Thoreau

Le Nature Writing signifie littéralement « Ecriture de la Nature ». C’est un genre littéraire très large. Si aux Etats-Unis il se cantonne à la non-fiction, en France il peut prendre plusieurs formes (la biographie, le roman, le récit de voyage ou même le polar). Le Nature Writing est remis en avant en France grâce au travail d’édition de la maison Gallmeister, en retraduisant des auteurs emblématiques tel que Edward Abbey ou John Gierarch.

Jacques Mailhos est le traducteur de nombreuses de ces œuvres. C’est un exercice difficile que celui de se mettre dans la tête d’un auteur. De se fondre à la fois dans une époque et dans un décor qui est peut-être inconnu, d’en traduire le fond sans trahir la forme.

C’est particulièrement vrai pour le Nature Writing. Ce genre littéraire foisonne de descriptions de paysages, de détails de nature, flore et faune, et raconte un territoire particulier. Le traducteur est le trait d’union entre cette littérature et son public francophone, connaître le parcours et le travail de l’un d’entre eux, son attachement à son sujet d’étude, permet de plus en savoir sur ce que l’on lit et avec qui on voyage (en mots).

Jacques Mailhos

© Marie Monteiro

Après des études littéraires classiques et un diplôme de l’Ecole normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, Jacques Mailhos entame sa carrière…
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EDWARD ABBEY

Edward Abbey, né le  à Indiana dans l’État de Pennsylvanie et mort le  à Tucson dans l’Arizona, est un écrivain et essayiste américain, doublé d’un militant écologiste radical. Son roman le plus connu, Le gang de la clef à molette, est d’ailleurs un cri du cœur de l’écrivain contre l’immersion des canyons pour l’énergie hydroélectrique.

Le livre

Notre première rivière est la Green River, dans le sud-est de l’Utah. Nous chargeons nos bateaux en un lieu appelé Mineral Bottom – le fond minéral – , où les prospecteurs cherchèrent jadis  de l’or, et puis ensuite du cuivre, et puis encore ensuite de l’uranium. Sans grand succès. M’accompagnent cinq amis, plus le fantôme d’un sixième : dans ma boîte en fer-blanc – le sac à main du descendeur de rivières -, je transporte un vieil exemplaire sale et usé d’une édition de poche d’un livre intitulé Walden ou la vie dans les bois. Cela fait trente ans que je ne l’ai pas ouvert; là, pour la première fois depuis l’école, je vais l’ouvrir. Durant presque toute ma vie, l’esprit de Thoreau a hanté le mien. Il me semble aujourd’hui approprié de le relire. Quel meilleur endroit pour le faire que sur cette rivière dorée que l’on appelle la Green? Dans la tranquillité limpide du mois de novembre? Entre des canyons de rouge qui se nomment Labyrinth, Stillwater et Cataract, dans une des plus douces, des plus lumineuses, des plus majestueuses et des plus solitaires régions primitives que nous avons encore en Amérique?

En descendant la rivière, Edward Abbey, éd° Gallmeister, 2021.