AMÉRIQUE CENTRALE, ÉCOLOGIE, RACINES ET MODERNITÉ

Samedi 6 novembre à 16h15 – à l’amphithéâtre

Clara Arnaud est une voyageuse dans l’âme. Après un long voyage en solitaire sur les hauts plateaux chinois, elle travaille en République démocratique du Congo, en Argentine et au Honduras. Attentive, à l’écoute et curieuse, Clara Arnaud saisit avec justesse les enjeux qui agitent la vie des populations.

En Amérique Centrale, les tensions se jouent entre la défense des territoires dans leur intégrité et les titanesques travaux qui veulent moderniser un pays. Dans ce contexte, le militantisme politique s’oppose à des enjeux économiques hégémoniques au nom desquels certains n’hésitent pas à utiliser la violence pour asseoir leur légitimité. Il devient dangereux de parler haut, mortel parfois.

C’est en prenant l’exemple fictif de la mort de Solaya, une militante opposée à la construction d’un barrage hydroélectrique sur ses terres, que Clara Arnaud explore les conflits qui naissent et s’exacerbent au sein de communautés et parfois même au sein d’une même famille. En effet, qui peut affirmer avoir raison : un tel chantier apporte une manne financière pour tous les locaux ; du travail et des perspectives, mais peut-on y sacrifier des modes de vie traditionnels et des écosystèmes ? La question est toujours la même, quel que soit le continent, et c’est ce que Clara Arnaud soulève à travers les regards multiples qui habitent son roman.

 

Clara Arnaud

© Gaïa éditions

Clara Arnaud est une écrivaine voyageuse. Son premier récit Sur les chemins de Chine, elle l’écrit à 22 ans….
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Le livre

“Ma Suyapita, tu serais attristée par ce qui se passe ici, cette mascarade… Tu n’aimerais pas ce monstre de foule au procès. Tu n’aimerais pas les machines qui font routes vers notre río ; leurs grands bras jaunes qui déjà, éventrent la terre. Ils sont là, ils s’approchent des rives. Tu serais triste Pita… Ou plutôt en colère… Alors il ne faut pas penser à tout ça, il faut se souvenir des jours heureux. Toi, tu étais d’un amour immense, six années d’absolu avec Diego… Puis la nuit, son absence. Tu étais l’enfant des forêts sauvages, l’enfant-singe, qui se fraye un chemin parmi les arbres ; tu étais l’enfant du torrent, qui le traverse sans peur, se laisse bercer par son courant. L’enfant de Diego-l’amour et du mont Niebla. […] Tu étais l’enfant du clan, la porteuse d’espoir. Plus personne n’a la force sans toi…”

A la verticale du fleuve, Clara Arnaud, éd° Actes Sud, 2021